OSER TESTER L’EXPÉRIMENTATION !

Grandir, apprendre, trébucher, se relever, construire sa relation au monde, se saisir des choses, avec les mains, la bouche, les yeux et depuis peu, avec l’esprit en explorant, en comprenant les concepts et en commençant à communiquer, en exposant des volontés, en expérimentant le oui et le non. Voilà quelques-unes des caractéristiques que j’ai observées chez mon fils Gabriel ces 18 derniers mois dont les vecteurs communs sont l’expérimentation et la créativité.

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Oser est dans la nature d’un enfant. Libre encore des règles et des contraintes, il explore un vaste monde inconnu et ce, sans aucun a priori. Et si nous nous autorisions à redevenir enfant ?

 

La stimulation et la motricité libre ont été les maître-mots au cours de son développement. Dans ce contexte, l’expérimentation est sa réalité quotidienne. D’ailleurs c’est un jeu de chaque jour pour nous et nous avons pu réfléchir ensemble à la manière de lui proposer une expérience des sens associée à une expérimentation des objets du quotidien.

 

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On s’est d’ailleurs amusé à bricoler un cube d’expérimentations.

 

Pour autant, sa maman et moi ne savons pas si nous devons nous attribuer les mérites de ses fulgurantes évolutions mais nous savons que nous pouvons nous féliciter de le voir autant expérimenter, montrer autant de curiosité.

 

Redécouvrir les évidences par les yeux de son enfant, c’est aussi faire l’expérience de la parentalité !

 

C’est un émerveillement de chaque jour autant pour lui que pour nous qui sommes témoin du développement de sa créativité lorsqu’il fait preuve d’initiatives pour assembler les choses, en analyser les résultats, les déconstruire pour les comprendre, lorsque son œil brille de découvrir de nouvelles interactions avec son environnement, des objets et d’autres enfants (plus grands que lui par ailleurs), de nouvelles activités le liant aux autres (jeux de passes, de lancers ou simple vol de bicyclette ou autre trottinette).

 

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Cette fierté d’expérimenter ! De découvrir des nouvelles modalités d’interactions (outils) avec le monde pour bientôt le transformer et (re)créer ! Redécouvrir les évidences par les yeux de son enfant, c’est aussi faire l’expérience de la parentalité !

 

Au travers de cet article, je souhaite vous exposer ce pourquoi les moteurs d’évolutions qu’animent mon fils hier et aujourd’hui sont aussi ceux qui ont permis à l’humanité d’évoluer, de développer nos champs de connaissances actuels et pourquoi ce sont ceux sur lesquels se reposent une partie de notre démarche chez the insperience.co. Et surtout.. pourquoi dès aujourd’hui vous devez oser mettre à profit l’expérimentation au sein de vos équipes !

 

Expérimentation et expérience, deux moteurs puissants d’évolutions des usages !

 

Expérimenter est la démarche la plus naturelle et intuitive, à tout le moins la plus instinctive chez l’être humain ! À la fois conséquences et origines de l’augmentation du volume cérébral chez nos ancêtres primitifs et du développement de nos aptitudes.

 

Afin de ressentir les rapports qui existent entre expérimentation, expérience et notre approche d’une démarche de design, permettez-moi de vous exposer quelques éléments.

 

La notion d’expérimentation, tout comme l’expérience, a deux pendants :

 

  • Une expérimentation qualifiée de « naturelle » et qui est relative à l’instinct, aux reflexes d’apprentissages par itérations, à la mise en œuvre d’outils dans un environnement donné pour mieux l’appréhender.

Sur ce biais instinctif, l’expérience est relative à l’empirisme, à l’accumulation de savoirs expérientiels et de connaissances issus du sensible qui nous permettent de préciser notre rapport au monde et de construire notre identité propre en cohérence avec celui-ci.
Cette démarche inductive est celle du premier temps de développement d’un nouveau-né.

 

  • Une expérimentation qualifiée de « rationnelle »  et qui est relative à l’intellectualisation, à la déduction, à l’ingéniosité et aux process à mettre en œuvre face aux enjeux et contraintes identifiés dans l’environnement afin de mieux s’en saisir.

Sur ce biais rationnel, l’expérience est relative à la démarche déductive qui consiste, à partir de théories et de savoirs admis de tous, de principes généraux appliqués à un système étudié, d’en déduire les schémas explicatifs (interprétation des résultats).

 

C’est ce que j’évoquais en introduction concernant l’acquisition de concepts par Gabriel, il interprète ce qu’il voit et entend, en effectue la traduction à la lumière de ses acquis expérientiels et transcode une réponse.

Bon, il faut bien avouer que ses réponses restent encore pour certaines inappropriée ou des balbutiements de réponses qui n’ont pas beaucoup de sens mais qui ont une structure cohérente.

Que cela soit pour une approche empirique ou rationnelle, il y a un biais de validation. En effet, ce qui est reconnu universellement valide n’est pas forcément vraie. C’est pourquoi, l’être humain a ressenti le besoin de fonder la démarche scientifique. Sorte de complexe conciliant ces deux approches empirique (inductive) et rationnelle (déductive), faisant cohabiter instinct et raison, sensible et logique.

 

Une cohabitation bipolaire qui réside également aujourd’hui dans la définition de la démarche de design qui tient à faire cohabiter fonction et esthétique, quantitatif et qualitatif, rationalisme et humanisme, utilisation et usage, standardisation et innovation de rupture, frugalité et technicité, etc.

 

Expérimentation et expérience, des subtilités pour des approches différentes :

 

Comme on l’a vu expérimentation et expérience concourent à nous permettre d’identifier et de comprendre des usages, d’en créer de nouveaux et ce qui a de commun c’est la manipulation, la préhension des choses.

 

On pourrait alors distinguer l’expérimentation ou plus largement l‘approche qui vise naturellement à prendre pour appréhender et améliorer notre monde (développer de nouveaux usages) et l’expérience ou l’approche qui vise à prendre et appliquer pour comprendre et expliquer notre monde (application d’usages pour développer de nouvelles connaissances).

 

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Expérimentation dans le cadre d’un projet chez the insperience.co

 

Par l’expérimentation, l’être humain, comme le nouveau-né, se crée de nouveaux possibles, par extension, de nouveaux besoins et choisi alors de développer de nouveaux outils. C’est alors sur ces nouveaux possibles que se créé la notion d’utilité et par extension de choix. Là où l’expérience, quel que soit le résultat, ne va pas remettre en cause l’outil employé.

 

Les deux approches sont présentes dans toutes nos démarches chez the insperience.co. Elles interviennent logiquement au gré du déroulé de nos briques méthodologiques. En effet, nous nous attachons à concilier progressivement les apports expérientiels des participants, leur vécus, leurs écueils, leurs réussites, leurs savoirs (nous ne sommes pas « experts de ») par rapport au sujet donné (immersions terrains, entretiens qualitatifs) afin de les amener à s’interroger collectivement sur les usages, les incitant, à l’instar du nouveau-né à se créer de nouveaux possibles, les invitant à s’extraire du schéma individuel pour expérimenter de manière collaborative en co-construisant de nouveaux outils, fonctions, services qu’ils soient tangibles ou intangibles.

 

Ainsi pourrais-je me risquer alors à proposer deux schémas (pouvant volontairement paraitre déterministes et fermés) entre :

 

  • L’expérimentation qui donne du sens en termes d’usages, aboutissant à ce qui est utile, qui répond à des objectifs concrets et dont les résultats les plus remarquables sont le développement ou le perfectionnement d’outils et de fonctions ;
  • L’expérience qui donne du sens en termes de connaissance du monde, aboutissant à du savoir, qui répond à un besoin irrépressible de comprendre le monde et dont le résultat le plus remarquable est le développement des sciences et des technologies.

 

Ces deux notions sont donc intriquées et co-dépendantes lorsqu’il s’agit de répondre à cette définition des objectifs du design tels qu’on pourrait l’entendre comprendre le monde pour en améliorer les usages et comprendre les usages pour en améliorer le monde c’est pourquoi elles concourent progressivement au déroulement de chacun des projets que nous accompagnons.

 

Notre démarche est en cela proche d’une démarche expérimentale, démarche structurée associant expérimentation et expérience. Et c’est aussi pour cela que l’on s’attache à la notion de « test », où il est attendu a minima un résultat de réussite ou d’échec, de validation ou d’invalidation de la démarche pour itérer, reprendre ces résultats avec les usagers dans une logique d’amélioration continue.

 

Et c’est par le biais du prototypage et des tests utilisateurs où nous arrivons notamment suivre cette logique.

 

Alors prêt·e à faire l’expérience de l’expérimentation collaborative ?

 

Alexandre

Alexandre

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